
Guy Roux, légende de l’AJ Auxerre, a été pris en photo dimanche 2 mars aux côtés de supporters d’extrême droite de Strasbourg Offender , un groupe connu pour ses positions radicales, avant le match de Ligue 1 contre son club. Cette image, diffusée par le site tchèque Hooligans.cz , soulève des questions sur les interactions entre figures du football et groupes politisés, alors que l’ancien entraîneur n’était pas au fait de leurs orientations idéologiques. L’épisode révèle une fois de plus la pénétration des mouvements d’extrême droite dans le monde du football, malgré les mesures anti-radicalisation mises en place en Europe.
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Une photo qui en dit long sur les dérives du football
Le 2 mars 2025, quelques heures avant le match entre l’AJ Auxerre et Strasbourg en Ligue 1, une image a circulé sur les réseaux spécialisés, suscitant une vive émotion. On y voit Guy Roux, légende du club bourguignon, entouré de supporters du groupe Strasbourg Offender . Ces derniers, masqués et brandissant leur banderole, appartiennent à un mouvement d’extrême droite connu pour ses positions radicales. Le cliché, diffusé par le site tchèque Hooligans.cz , un observatoire reconnu des groupes ultras en Europe, révèle une rencontre inquiétante entre une icône du football français et des individus dont les idées sont diamétralement opposées aux valeurs du sport.
Guy Roux, 86 ans, ancien entraîneur emblématique de l’AJA et fervent spectateur des matchs à domicile, n’a probablement pas mesuré les risques de cette interaction. Pourtant, l’histoire des Strasbourg Offender n’est pas anodine. Ce groupe, actif depuis les années 2000, a été impliqué dans plusieurs incidents violents, notamment une agression xénophobe en 2008, pour laquelle l’un de ses dirigeants avait été condamné à huit mois de prison avec sursis.
Les Strasbourg Offender : un visage de l’extrême droite dans le football
Les Strasbourg Offender ne sont pas un simple groupe de supporters. Leur appartenance à l’extrême droite est avérée. Leur discours, mêlant nationalisme et hostilité envers les étrangers, s’inscrit dans une tradition de politisation des stades en France et en Europe. Leur présence dans les tribunes du Stade de la Meinau à Strasbourg les a rendus célèbres – ou plutôt infâmes – pour leurs démonstrations belliqueuses.

Le site Hooligans.cz , spécialisé dans le suivi des mouvements ultras, a joué un rôle clé dans la diffusion de cette photographie. Basé en République tchèque, ce média sert de plateforme à des groupes aux orientations politiques extrêmes, permettant leur visibilité internationale. En publiant l’image de Guy Roux aux côtés des Strasbourg Offender , le site a non seulement mis en lumière un épisode gênant, mais a aussi illustré la porosité entre football et idéologies marginalisées.
Le football européen, terrain de confrontation idéologique
L’affaire Guy Roux n’est malheureusement pas isolée. En Europe, de nombreux championnats sont touchés par la présence de groupes ultras politisés. En Hongrie, en Croatie ou en Angleterre, des mouvements nationalistes instrumentalisent les stades pour promouvoir leurs causes. En France, les Strasbourg Offender ou le Collectif Ultras Paris ont régulièrement attiré l’attention des médias pour leurs déclarations ou leurs actes.
Cette politisation du football reflète les tensions sociales plus larges. Les stades deviennent des lieux de rassemblement pour des individus cherchant à exprimer leur mécontentement, voire leur haine, sous couvert de passion sportive. Les agressions xénophobes, les brûlures de drapeaux ou les slogans hostiles à l’immigration sont devenus monnaie courante, même si une minorité-only est concernée.
Les risques pour les figures du football
Guy Roux n’est pas le premier personnage public à se retrouver malgré lui au cœur d’un tel épisode. Les entraîneurs, joueurs ou légendes du football sont souvent cibles de sollicitations pour des photos ou des autographes. Dans ce cas, l’ancien entraîneur a accepté une demande apparemment anodine, sans soupçonner l’appartenance politique de ses interlocuteurs.
Cette situation soulève des questions essentielles sur la vigilance à avoir dans un univers où les frontières entre passion et extrémisme sont poreuses. Les clubs et les ligues doivent renforcer les contrôles sur les accès aux stades et les interactions avec les supporters. Des formations spécifiques pourraient aussi être mises en place pour sensibiliser les personnalités du football aux risques de manipulation.
La responsabilité des plateformes spécialisées
L’implication de Hooligans.cz dans cette affaire relève d’un phénomène paradoxal. Ce site, souvent consulté par les chercheurs et les médias traditionnels, joue un double rôle : il documente les activités des groupes ultras tout en leur apportant une légitimité involontaire. En publiant des images comme celle de Guy Roux, il contribue à leur propagande, même si son objectif premier est d’informer.

Cette ambivalence souligne les défis posés par les réseaux numériques. Alors que les groupes extrémistes exploitent les algorithmes pour se faire connaître, les plateformes doivent trouver un équilibre entre liberté d’expression et modération.
Vers une lutte coordonnée contre les dérives
Face à ces défis, les instances sportives et les gouvernements européens ont multiplié les initiatives. En France, la création d’une cellule dédiée à la lutte contre l’extrémisme dans le football en 2022 témoigne de cette prise de conscience. Des dispositifs comme le suivi des groupes à risque ou la restriction des déplacements transfrontaliers des supporters ont été mis en œuvre.
Cependant, ces mesures restent insuffisantes. La radicalisation dans le football exige une approche globale, alliant sécurité, éducation et coopération internationale. Les clubs doivent aussi assumer leur rôle en excluant les individus soupçonnés d’appartenir à des mouvements extrémistes.
Préserver le football des idéologies toxiques
L’affaire Guy Roux rappelle que le football, sport universel, n’est pas à l’abri des conflits sociaux. Les dérives politiques et violentes qui agitent certains groupes de supporters menacent son éthique. Pour éviter que les stades ne deviennent des théâtres de conflits idéologiques, une vigilance constante est nécessaire.
Guy Roux, symbole d’une époque où le football était avant tout un jeu, incarne aujourd’hui une fracture. Son image malencontreusement associée à des extrémistes est une alerte : préserver le sport de ses pires démons exige une mobilisation sans relâche.
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