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Komé Bakary, intouchable en Côte d’Ivoire ? Assalé Tiemoko sonne l’alerte !

Le député ivoirien Assalé Tiemoko Antoine interpelle le ministre de la Justice sur des allégations de laxisme judiciaire visant Kome Bakary, gérant de la société Kotimex-CI Immobilier. Dans une lettre ouverte, l’élu dénonce des retards inexpliqués dans l’enquête liée à une affaire de faux documents officiels et de non-respect répété des convocations.

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Une procuration au cœur d’un scandale foncier

L’affaire remonte à décembre 2017. Par un acte notarié, les héritiers de feu Mambo Yapo confient à la société Kotimex-CI Immobilier, dirigée par Kome Bakary, la gestion de centaines de lots issus du lotissement Bessikoi Djorogobité 2. Ce document, censé faciliter les transferts de propriété, est aujourd’hui contesté. Plusieurs plaintes déposées depuis mars 2024 accusent Bakary d’avoir utilisé des sceaux républicains falsifiés pour valider des transactions immobilières.

Parmi les irrégularités pointées : l’imitation présumée de la signature d’un haut magistrat proche du ministre de la Justice. Des riverains et ayants droit affirment que des parcelles ont été cédées sans leur accord, alimentant un contentieux complexe.

Convocation ignorée, auditions reportées : la provocation de trop de Kome Bakary

Le 18 mars 2024, Kome Bakary est convoqué par la police pour une audition liée à ces allégations. Il ne se présente pas. Contacté à plusieurs reprises, il arrive finalement le 19 mars, mais quitte les locaux après avoir refusé de répondre aux questions, exigeant la présence de son avocat. Une semaine plus tard, il répond à une nouvelle convocation, puis repart librement après avoir été entendu.

Un autre suspect, Traoré Gnounvié, convoqué le 24 mars à 10h, se présente à 21h. Les forces de l’ordre ne l’interrogent pas et le laissent repartir. Ces épisodes soulèvent des interrogations sur le traitement réservé aux mis en cause. « Si un citoyen lambda agissait ainsi, serait-il aussi libre de ses mouvements ? », interroge le député dans sa lettre.

Double standard : l’exemple de l’arrestation éclair d’une citoyenne

Assalé Tiemoko Antoine oppose cette situation à un autre cas récent. Une Ivoirienne revenant au pays est arrêtée à l’aéroport après avoir publié une vidéo critique sur les réseaux sociaux. Placée en garde à vue pendant 48 heures, elle est libérée sans charges. « Pourquoi certains sont-ils traités avec célérité, et d’autres avec indulgence ? », questionne l’élu.

La lettre ouverte : cinq questions au ministre de la Justice

Dans son texte, le député formule des demandes précises au garde des Sceaux :

  1. « Comment justifier les retards dans l’enquête sur les faux sceaux républicains ? »
  2. « Pourquoi les convocations ne sont-elles pas contraignantes pour Kome Bakary ? »
  3. « Le conseiller dont la signature a été imitée exigera-t-il des sanctions ? »
  4. « Comment rétablir la confiance dans une justice perçue comme inéquitable ? »
  5. « Quelles mesures pour éviter de tels dysfonctionnements ? »

Il rappelle que près de vingt plaintes ont été déposées contre Bakary, sans qu’aucune suite tangible ne soit communiquée.

Réactions en ligne : colère et appels à la mobilisation

Sur les réseaux sociaux, des internautes dénoncent une « justice de classe ». « On arrête ceux qui critiquent en ligne, mais on laisse les faux-semblantistes circuler », résume un utilisateur. D’autres appellent à une marche pacifique pour exiger des réformes, voire la démission de ministres. « Octobre [période électorale] n’est plus loin. Le peuple se souviendra », prévient un commentaire.

Ce que dit la loi ivoirienne

Le code pénal prévoit jusqu’à 5 ans de prison pour usage de faux sceaux et 3 ans pour entrave à la justice. Pourtant, malgré les manquements répétés aux convocations, aucun mandat d’arrêt n’a été émis contre Bakary ou Gnounvié. Des avocats interrogés soulignent que la police « a l’obligation de retenir un suspect qui refuse de coopérer », sauf instruction contraire du parquet.

Contexte politique : une défiance grandissante

Cette affaire s’inscrit dans un climat de méfiance envers les institutions. Avec des élections locales prévues en 2025, les attentes en matière de transparence judiciaire sont vives. Le député Tiemoko, proche de l’opposition, utilise cette tribune pour interpeller le pouvoir en place, tout en évitant un ton frontal. « Je reste fidèle à nos institutions, mais le peuple exige des actes », nuance-t-il.

Ce qui pourrait suivre

  • Le ministère de la Justice n’a pas encore réagi publiquement. Une réponse officielle est attendue dans les prochains jours.
  • Des associations civiles envisagent de saisir la Cour africaine des droits de l’homme si l’affaire reste au point mort.
  • La pression médiatique pourrait accélérer les procédures, comme lors de précédents scandales.

Pourquoi cette affaire dépasse le cadre judiciaire ?

Au-delà des enjeux légaux, ce dossier cristallise un débat sur l’égalité devant la loi. Les citoyens attendent des symboles forts, comme des poursuites contre des personnalités influentes, pour croire en l’indépendance de la justice.

En résumé


Alors que la Côte d’Ivoire cherche à renforcer son image de pays réformateur, cette affaire agit comme un test. Les prochaines décisions des autorités judiciaires seront scrutées, tant par la population que par les observateurs internationaux. Entre inertie et action, le choix du gouvernement pourrait influencer durablement le climat social et politique.

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